Equateur

TOP des galères : n°1 !

Sans papier et sans argent en Equateur…

 top galères

Lundi 15 aout 2016. Aujourd’hui c’est le grand jour : nous avons rendez-vous à la ferme avec Rachel & Edgar pour commencer le bénévolat. Nous n’avons pas de numéro de téléphone mais Rachel m’a dit par mail qu’ils travaillaient au restaurant AMALUR à Canoa de 17h à 22h tous les jours après la ferme donc nous pourrons facilement les trouver là-bas. Nous quittons Banos à 7h30 pour atteindre la ferme avant la nuit.

 

1 cyber

Bus 1 – Banos/Quito – 8h00 à 12h00

Le premier trajet se passe bien. On arrive à la gare sud de Quito vers 12h00 et on demande tout de suite un autre bus pour Canoa. Là on nous dit qu’il n’y a pas de bus direct pour Canoa dans la journée (seulement un bus de nuit) mais qu’il y a un bus qui va à Jama, une ville qui se trouve à seulement 50km de Canoa… On choisit donc cette option. On mange dans la gare et j’ai juste le temps de trouver un cybercafé pourri pour prévenir Rachel qu’on risque d’arriver après 22h00 et que si elle me donne l’adresse exacte de la ferme on pourrait se débrouiller pour arriver directement là-bas par nos propres moyens…

 

2 erreur

Bus 2 – Quito/Jama – 14h à 22h00

Sur le quai on rencontre 3 Irlandais qui nous demandent si le bus n°15 part bien d’ici. On leur répond que oui et qu’on prend le même. On sympathise et on se rend compte qu’on va tous au même endroit à Canoa pour aller faire du bénévolat (eux vont sur un chantier de construction alors que nous allons dans une ferme). Le début du trajet se passe bien. Dans le bus on nous passe le film TAKEN en espagnol ! C’est nul mais c’est divertissant ! A ce moment-là j’ai le sac à dos noir entre les jambes et la sacoche de l’appareil photo sur moi… Les sièges sont très rapprochés alors il y a peu de place pour les jambes. Je commence à avoir chaud avec tout ça sur moi alors Romain propose gentiment de mettre la sacoche de l’appareil photo au-dessus de nous. Je préfère la garder sur moi car j’ai peur des vols mais il me dit que ça ne risque rien car il verra très bien si quelqu’un met son bras à cet endroit. Donc on met la sacoche au-dessus et je garde le sac à dos noir entre les jambes.

 

3 decouverte

Le bus fait un arrêt dans la ville de Santo Domingo, plein de personne descendent du bus… Nous on discute avec les 3 irlandais. Je leur fais l’apologie de l’application « mapsme » ! Pour leur montrer en vrai ce que ça donne je cherche mon téléphone que j’avais sur moi mais je ne le trouve pas… Je regarde bien dans tous les coins au cas où il aurait glissé… Mais pas de téléphone… Je me dis qu’il est peut-être dans la sacoche de l’appareil photo alors je demande à Romain s’il veut bien me descendre la sacoche pour que je vérifie… A ce moment-là c’est le drame il me dit « LA SACOCHE N’EST PLUS LA… » Je vois tout de suite à sa tête que ce n’est pas une blague. Je me lève je cherche partout je pousse les affaires des autres personnes mais la sacoche n’est vraiment pas là… Comment c’est possible qu’on n’ait vu personne la prendre ??? Aucune idée… Pourquoi c’est le drame ? Car cette sacoche ne contenait pas seulement notre appareil photo mais aussi nos cartes de crédit et nos passeports…

On court à l’avant du bus pour demander au chauffeur d’ouvrir les portes en criant que quelqu’un nous a volé notre sac avec nos passeports… Le chauffeur descend du bus il nous indique les policiers. On explique rapidement la situation aux policiers qui restent complètement statiques ! On leur dit « Il faut la chercher !!!! Vous ne pouvez pas lancer une alerte quelque chose ???? Ça vient très probablement de se produire il y a quelques secondes !!! ». Ils nous disent mollement qu’ils ne peuvent rien faire. Ils nous proposent au bout de 5min (ce qui me parait être une éternité) de monter à l’étage de la gare dans une salle pour regarder les vidéos de surveillance mais la personne en charge n’est pas là… De toute façon c’est bien trop tard maintenant le voleur est surement loin… On redescend complètement dépités… Le chauffeur du bus nous demande si on veut rester là ou si on veut remonter dans le bus pour atteindre notre destination (nous sommes à peu près à mi-chemin). Je veux rester ici pour retrouver ma sacoche mais Romain me dit « Non on ne peut pas faire ça, on n’a plus rien, on n’a pas d’argent on ne pourra jamais se loger dans la ville, il vaut mieux qu’on aille à Canoa et qu’on retrouve Edgar et Rachel, ils pourront nous loger et peut-être nous aider… » Alors on remonte dans le bus…

Entre temps les 3 Irlandais nous disent qu’ils nous aideront financièrement qu’ils ne nous laisseront pas sans rien… On est gênés et on ne veut pas accepter (on les connait à peine) mais ils insistent en disant qu’ils trouvent que c’est la moindre des choses… C’est tout de même rassurant de savoir qu’ils sont là…

On continue notre trajet… On regarde les gens dans le bus et on a l’impression de détester tout le monde…

 

4 arrivée tard

Mini van – Jama/Canoa – 22h00 à 23h00

On arrive enfin à Jama vers 22h00. Il fait nuit. La grande majorité des gens du bus sont descendus depuis bien longtemps nous ne sommes plus que 8… Dont les 3 Irlandais et nous. Quand on sort du bus je suis choquée par ce que je vois… La ville a été totalement détruite par le tremblement de terre du 16 avril… Il y a des bâtiments écroulés un peu partout… Des tentes de l’unicef… Je prends conscience que les gens vivent encore sous des tentes… 5 mois après le tremblement de terre… En une fraction de seconde on relativise… Tout perdre ce n’est pas perdre son passeport et sa carte de crédit… C’est perdre toute sa vie, tout ce que l’on possède et que l’on a construit, perdre ses proches et vivre sous une tente de l’unicef avec les autres survivants de la tragédie…

Il n’y a plus aucun bus pour Canoa à cette heure-ci … Un homme propose de nous amener à Canoa tous les 5 pour 25$… On accepte et on lui demande de nous déposer devant un petit magasin avant de partir pour acheter à manger (les 3 Irlandais sont affamés, nous pas du tout on a encore le ventre noué). Une fois qu’ils ont mangé leurs hamburgers à 1$ on prend la route !

 

5 nuit dehors

On arrive à Canoa 1h plus tard. La ville est morte. Il y a beaucoup de tentes là aussi. On a encore l’espoir de pouvoir trouver Rachel & Edgar au restaurant Amalur, c’est la seule indication que l’on possède. On marche en direction de ce que l’on pense être le centre-ville… Les Irlandais viennent avec nous. Eux ils doivent trouver le centre de bénévolat « coconut » mais ils n’ont pas d’adresse non plus… Un homme à moto se rapproche de nous. Il nous demande ce que l’on cherche. On lui demande d’abord où se trouve le restaurant Amalur. Devant le restaurant, il y a deux voitures garées. On a un peu d’espoir ! On frappe à la porte… Rien… On frappe à nouveau… Toujours rien… On voit bien qu’il n’y a pas de lumière et que c’est peine perdue pour ce soir… Alors les Irlandais proposent de les suivre jusqu’à leur campement. L’homme à moto propose de prendre l’un d’entre nous sur sa moto pour aller voir si le camp est ouvert (plutôt que l’on fasse tous l’aller-retour à pied avec nos sacs). Un Irlandais se dévoue (nous on n’aurait jamais osé !). Arrivés au campement on leur fait comprendre que ça ne se fait pas d’arriver de nuit et qu’il vaudrait mieux revenir le matin pour se présenter… Je propose d’aller monter la tente sur la plage… Mais on me dit que c’est trop dangereux ici on risque de se faire dépouiller… On se retrouve donc à nouveau tous les 5 dans le centre-ville et nous n’avons plus aucune option pour passer la nuit… L’homme à moto veut encore nous aider. Il a une idée : demander au policier de garde si on peut monter nos tentes devant la sienne juste pour la nuit. Il accepte. On monte alors nos tentes devant celle du policier (car de nombreux bâtiments en dur se sont écroulés lors du tremblement de terre alors ils ont été provisoirement remplacés par des tentes)… Puis j’essaie de trouver de l’eau quelque part car nous sommes assoiffés… Evidemment tous les petits magasins sont fermés et parfois un gros chien monte la garde devant (l’un d’entre eux se met à grogner méchamment et me fait peur !). Je reviens près du policier sans eau… Alors il me donne sa bouteille en me disant qu’il en a une autre.

On dit bonne nuit à tout le monde et on se couche. Cette nuit-là je n’arrive pas à dormir car je pense à trop de choses, et les chiens errants font beaucoup de bruit autour de nous, parfois ils se battent… De temps en temps j’entends les pas d’un homme qui contourne notre tente et j’espère que ce sont ceux du policier…

 

6 delivrance

Finalement le lendemain matin vers 5h30 j’entends les Irlandais ranger leurs affaires. Je sors de la tente pour leur dire bonjour et je suis contente que ce soit enfin le matin. Ils me disent qu’ils n’ont quasiment pas fermé l’œil de la nuit eux non plus car ils n’avaient ni matelas ni duvet… Ils ont donc dormi à même le sol. Je réveille Romain qui lui dort comme un bébé. Les 3 Irlandais retournent au campement et nous proposent une dernière fois de l’argent mais nous refusons car Romain avait retrouvé quelques dollars dans la poche de son short. On range nos affaires et on retourne au restaurant Amalur (qui fait également hôtel) dans l’espoir de trouver quelqu’un qui pourrait nous aider à trouver Rachel et Edgar. On frappe à la porte du restaurant une première fois. Personne ne répond. On frappe une deuxième fois un peu plus fort. Les volets de la fenêtre qui se situe à coté de la porte principale s’ouvrent et on aperçoit la tête d’un homme qui nous dit :

  • Je peux vous aider ?
  • Bonjour, nous cherchons Rachel & Edgar, ils travaillent ici tous les jours, vous savez où on peut les trouver ?
  • AAAh oui !

Il ferme la fenêtre et ouvre la porte principale. Je ressens un énorme soulagement car l’homme semble être au courant de notre venue et je sens que les choses vont être plus simples pour nous ! Lorsque nous entrons dans le restaurant je vois une jeune femme qui me dit : « Hey !!! Tu dois être Aurélia ! » J’en déduis qu’elle est Rachel ! Elle est très souriante et accueillante. L’homme qui nous a ouvert est Edgar ! Le petit ami de Rachel ! Ce sont eux qui s’occupent de la ferme et ils nous attendaient effectivement ! Nous leur racontons notre mésaventure et nous leur demandons si nous pouvons utiliser internet et un téléphone pour contacter les banques et faire opposition à nos cartes bancaires. Rachel doit nous quitter à 7h00 pour aller travailler à l’école du village. Edgar reste avec nous jusqu’à 8h30 pour que nous puissions contacter les banques, l’ambassade etc… Finalement on apprend qu’il faudra retourner à Quito pour refaire nos passeports à l’ambassade et que ça prendra minimum 3 semaines. Nos cartes sont bloquées, nous en recevrons des nouvelles, en France, dans 10 jours environ… En attendant nous sommes donc bloqués nous aussi en Equateur pour 3 semaines minimum et sans argent ! Heureusement nous allons pouvoir travailler à la ferme et être logés & nourris en échange donc tout va bien !

 

7 news

Deux jours plus tard nous sommes allés à Baïa en stop (à 30km de notre ferme) pour porter plainte à la police et avoir une déposition écrite (je vous passe les détails de la déclaration de vol des papiers d’identité qui doit se faire dans un cyber café avant d’être tamponnée par la police, et de nos explications foireuses en espagnol à chaque fois !) et nous sommes également rentrés en stop + à pied. Les gens sont très sympa ici, ils nous prennent facilement en stop.

Les parents de Romain nous ont envoyé un Western Union et c’est Rachel qui est allée chercher l’argent puisqu’il fallait un numéro de passeport !

Nous avons envoyé la déposition écrite par la police à notre assurance mais nous avons peu d’espoir de ce côté-là !

Demain nous prenons le bus pour Quito (environ 10h de bus) pour aller à l’ambassade refaire nos passeports.

En espérant que ce soit bientôt la fin de notre galère !

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