Etats-Unis

L’histoire des Etats-Unis en bref

Carte illustrée de la découverte du Nouveau Monde, Daniel Derveaux

Dans la seconde moitié du 15ème siècle, les Européens se lancent à la découverte de nouveaux territoires. Christophe Colomb découvre le continent américain en 1492.

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Des aventuriers audacieux

100 ans plus tard, des colons anglais, âgés d’une vingtaine d’années, traversent l’Atlantique dans l’espoir d’une vie meilleure. La traversée leur prend deux mois minimum. Ils débarquent avec quelques poules, des cochons… Mais ils ont tout à construire…

Des croyants bravent également l’Atlantique sur le Mayflower pour pratiquer leur religion en paix.

Jamestown & Plymouth sont les deux premières colonies établies sur la côte est.

Pour les colons, l’Amérique du nord est une terre riche d’opportunités. On dit que le sous-sol regorge de pierres précieuses d’argent et d’or. Ils s’attendent donc à trouver un Eldorado.

Mais en réalité ils connaissent une vie difficile (ils manquent souvent de nourriture). 70% des aventuriers meurent dans l’année de leur arrivée. Un homme est condamné au bucher pour avoir voulu manger sa femme enceinte…

colonie

 

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Un nouveau monde… déjà habité par les Indiens

Ils découvrent rapidement que cette terre est déjà habitée par les Indiens…

Trois familles peuplent le nord/est de l’Amérique :

  • les Iroquoiens
  • les Algonquiens
  • les Inuits

Certains sont nomades, d’autres sont sédentaires. Les nomades construisent et déconstruisent leurs habitations appelées « wigwam » (=> pour ceux qui s’en souviennent le mot est déjà tombé au jeu du dictionnaire ^^).

Les Indiens sont sans religion. Tout ce qu’ils possèdent vient des bisons (Buffalo). Leurs vêtements, leurs tipis leurs récipients sont faits en peau de bison. Les bisons n’appartiennent à personne : celui qui en attrape un peut le garder…

Mais quand les explorateurs débarquent, ils apportent avec eux la Peste… 9 indiens sur 10 sont alors tués par cette épidémie…

Malgré cela, les Indiens Wampanoags aident les colons de Plymouth (affaiblis eux aussi par les maladies) en leur apprenant à chasser, à pêcher, à cultiver le maïs… Ils leur offrent même de la nourriture.

Pour célébrer les premières récoltes et remercier Dieu, les colons organisent un grand banquet et invitent les Indiens à leur table : c’est le premier diner de Thanksgiving (automne 1621)…

indiens

 

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Une amitié fragile…

Peu à peu les Indiens apprennent à parler anglais et s’habillent comme eux. Les anglais quant à eux utilisent des mots indiens et se familiarisent avec leurs traditions…

Mais cette cohabitation n’est pas aussi simple qu’elle en à l’air.

A l’époque, les anglais sont persuadés qu’ils ont le « droit » de s’emparer des terres qui ne sont pas occupées par des chrétiens. Les Indiens à l’inverse pensent que la Terre n’appartient à personne. Pour éviter les conflits, ils acceptent de céder leurs terres aux anglais…

Mais les colons considèrent à présent que les Indiens se trouvent sur le territoire des anglais, et ils ne leur offrent que deux choix :

  • la conversion au christianisme et le travail forcé dans les plantations
  • ou la mort

couper cheveux

 

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L’arrivée de nouveaux colons

L’agriculture se développe. La culture du tabac modifie grandement les colonies et permet à l’Amérique du nord de devenir un grand exportateur.

Des milliers de colons suivent alors la trace des premiers et établissent 13 colonies en 1 siècle et demi.

Des Hollandais s’installent sur une petite île située à l’embouchure de la « hudson river » pour faire du commerce. La ville est d’abord nommée « Nouvelle Amsterdam » puis elle est rapidement rebaptisée « New York ».

europeens suivent la trace des colons

 

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Le commerce des esclaves…

A la fin du siècle les Amérindiens sont décimés et la main d’œuvre devient insuffisante. Les européens doivent trouver de nouveaux esclaves

Au même moment en Europe, un commerce abominable est monté : la traite des noirs. C’est un commerce triangulaire qui se joue entre l’Europe, l’Afrique et l’Amérique :

  • L’Europe vend des armes, du tissu, des céréales… à l’Afrique
  • L’Afrique échange ces produits contre des esclaves
  • L’Europe repart donc de l’Afrique avec des bateaux chargés d’êtres humains vers l’Amérique où ils sont vendus à des « maîtres ».
  • Puis l’Europe repart à nouveau vers son continent avec des bateaux chargés de sucre, de tabac, de cacao…

La traversée en bateau des esclaves est très dure (ils sont marqués au fer et entassés dans des cales) ceux qui se révoltent sont exécutés.

Certains esclaves deviennent domestiques dans la « Grand case » du maître. Mais la majorité d’entre eux travaille dans les plantations du sud (coton ou canne à sucre).

Dans le « Code noir français » de Colbert (1685), les esclaves sont considérés comme des objets (le maître peut les vendre, les donner, les acheter) et ils sont soumis à des punitions fréquentes.

commerce triangulaire

 

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Vers l’indépendance américaine

Si la plupart des colons se considèrent encore comme des sujets britanniques, des tensions commencent à apparaître.

Les Américains exportent de la morue salée et du tabac vers l’Angleterre.

Mais le gouvernement britannique instaure des taxes sur les exportations américaines. Or, les américains refusent de payer des taxes à un roi qui ne les représente pas et qui ne fait rien pour eux.

En 1770, le roi réagit en envoyant les tuniques rouges. La ville de Boston est alors sous occupation britannique. Des émeutes éclatent dans la ville et font 5 morts.

3 ans plus tard, les américains décident de boycotter le thé importé d’Angleterre et jettent l’équivalent d’un milliard de dollars de thé dans le port de Boston. Cet évènement est l’un des plus importants dans la révolution américaine et s’appelle le « Boston Tea Party ».

De plus, l’Etat britannique interdit aux Américains de s’étendre à l’ouest du continent (où se trouvent les Amérindiens).

Les Américains prennent conscience que pour maintenir leur liberté, ils vont devoir se battre.

Un congrès se forme alors pour organiser une guerre d’indépendance. Parmi eux se trouvent : John Adams, Patrick Henry & George Washington. Tous les colons se préparent au combat. Des esclaves noirs se battent au côté des américains…

La France s’engage dans le combat au côté des Américains en leur fournissant des armes et en combattant sur le terrain pour se venger de son ennemi de toujours : l’Angleterre !

En 1776, Thomas Jefferson rédige la déclaration d’indépendance qui est approuvée le 4 juillet par le congrès (jour de fête nationale aux Etats-Unis). Mais la guerre ne se termine qu’en 1783 avec le traité de Paris.

tuniques rouges

 

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Le premier président des Etats-Unis

Un homme se fait remarquer lors de la guerre d’indépendance : George Washington.

C’est un riche planteur.

Il est charismatique. Son engagement et sa détermination pour gagner la guerre le conduisent au poste de commandant des troupes. Il conduit d’ailleurs ses troupes à la victoire finale avec l’aide de la France.

Après la guerre il participe à la rédaction de la Constitution américaine  et fait l’unanimité lors de la première élection présidentielle.

Durant ses deux mandats, il doit reconstruire le pays, affaibli après la guerre.

Il crée une banque d’Etat et une monnaie stable : le dollar.

George Washington est considéré comme l’un des pères fondateurs des Etats-Unis.

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La conquête de l’Ouest

Les Américains font la guerre aux Amérindiens et s’étendent vers l’Ouest. En 1804, Lewis et Clark sont les deux premiers aventuriers à traverser les Etats-Unis jusqu’au Pacifique.

D’autres expéditions sont ensuite menées en Utah et en Arizona. Mais le passage de la montagne est rude pour les aventuriers… Il fait chaude, froid, on manque de nourriture… Les aventuriers partent sans provision. Ils mangent d’abord les végétaux qu’ils trouvent dans la nature, puis leurs animaux… et même des cadavres humains pour survivre…

Mais la découverte d’une pépite d’or de 85g dans la rivière de Californie va pousser de nombreux chercheurs d’or à tenter leur chance vers l’Ouest. C’est la ruée vers l’or.

La construction du premier chemin de fer transcontinental en 1869 facilite l’intégration des nouveaux territoires.

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chercheur d'or

 

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La guerre de sécession

Malgré une stabilité grandissante, les états se divisent sur la question de l’esclavage :

  • Les états du sud veulent conserver leurs esclaves car leur économie repose essentiellement sur la culture du coton.
  • Les états du nord ont complétement proscrit l’esclavage.

Lorsqu’Abraham Lincoln (fervent défenseur de l’abolition de l’esclavage) est élu président des Etats-Unis en 1861, les états du sud (caroline du sud, Géorgie, Alabama, Floride, Mississipi, Louisiane, Texas) réagissent immédiatement en faisant sécession (c’est-à-dire en décidant de se séparer du nord pour former un pays distinct). Mais Lincoln veut préserver l’union américaine et refuse donc d’accorder l’indépendance aux états confédérés. Il proclame également l’émancipation des esclaves noirs des régions confédérées dès 1862.

Pendant 4 ans, une guerre civile éclate entre le nord et le sud (faisant plus de 600 000 morts).

Les nordistes gagnent le conflit.

Assassiné par un sudiste avant la capitulation des derniers états du sud, Lincoln n’assistera pas à l’abolition officielle de l’esclavage le 6 décembre 1865… C’est le président Johnson qui aura la lourde tâche de mener à bien la reconstruction du pays et de réconcilier le nord et le sud…

La discrimination à l’encontre des noirs (qui obtiennent le droit de vote dès 1867) est de plus en plus violente, et ils subissent une haine raciale jusqu’au 20e siècle…

En 2009, Obama devient le premier président noir des Etats-Unis.

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Sources

Cours d’histoire de B.G (Uvsq), R. Lefebvre et M. Dumont.

Documentaire Arte : l’histoire vue par les Indiens d’Amérique

Documentaire France 5 : l’histoire de l’Amérique

Etats-Unis

Zion National Park

Zion : une oasis en plein désert !

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Nous ne connaissions pas du tout ce parc national et donc n’avions pas prévu d’y passer, mais tous les Américains que nous avons croisés dans l’Utah nous ont fortement conseillé d’y aller ! Nous n’avons pas été déçus !

Le Canyon a été creusé par la rivière « Virgin ». Les zones boisées abritent plus d’une centaine d’espèces animales ! Ce qui est incroyable car le parc est entouré par le désert aride…

Il devient officiellement « Parc National » en 1919. Il y a toute une zone inaccessible en voiture mais le parc a mis en place un système de navette pour que l’on puisse facilement accéder au pied des trails. Nous n’avons jamais attendu la navette plus de 3 minutes… ! Ca évite de polluer le parc et de construire des parkings partout…

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Faune

Comme dans tous les parcs nationaux, la vallée est remplie d’animaux ! Il y a énormément de biches et d’écureuils. Mais attention => on nous rappelle en permanence qu’il ne faut pas nourrir les animaux… Ils digèrent très mal la nourriture humaine et ils perdent leur instinct sauvage…

C’est déjà le cas pour de nombreux écureuils qui n’ont pas peur de venir quémander de la nourriture et de poser pour la photo…

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Randonnées

Il y a deux randonnées réputées à faire :

  • Angel’s landing : 4h de marche 500m de dénivelé. C’est donc une marche un peu sportive mais courte. La fin est dangereuse puisqu’il faut s’aider de cordes pour atteindre le sommet.

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  • The Narrows : entre 1h et 12h de marche, pas de dénivelé. Après 1,5km sur la terre ferme, on se retrouve dans le fond du canyon … Il faut donc marcher dans l’eau et nager dans la rivière ! La marche n’est pas très difficile mais longue donc fatigante. Nous n’avons fait que 14km (sur les 26) car nous étions trempés et nous commencions à avoir froid. Nous avons donc décidé de faire demi-tour au bout de 3h30 de marche (sachant qu’il nous restait 3h de marche pour rentrer puisque ce n’est pas une boucle).

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Notre vidéo de la rando =>

 

Un parc national à voir absolument si vous passez à Vegas !

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Le Grand Canyon (et les petits!)

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Formation des canyons

Histoire géologique (spécialement pour Yanou 😉 ) : il y a plus d’un milliard d’années, il y avait une mer à cet endroit. Des couches de lave et de sédiments se sont déposées au fond de l’eau. La roche s’est ensuite soulevée pour former une chaîne de montagnes. La mer s’est retirée et un long processus d’érosion a eu lieu formant ainsi le plateau du Colorado.

Ces canyons ont tous été creusés par l’eau : le Grand Canyon par le fleuve Colorado, et les plus petits canyons par le ruissellement des pluies.

Aujourd’hui encore quand il pleut (ça peut paraître surprenant dans un désert mais ça arrive), toute l’eau accumulée sur le plateau se déverse dans ces canyons. On aperçoit donc des formes étonnantes sur les parois, comme des vagues.

 

Antelope Canyon

C’est le plus célèbre après le Grand Canyon et le plus photographié. Il appartient aux indiens Navajo qui organisent des visites. On ne peut pas entrer dans le canyon seul, on doit faire partie d’un groupe. Il semblerait que cette interdiction soit liée aux accidents qui ont eu lieu dans le canyon en 1997 et en 2013 (des inondations soudaines ont provoqué la mort de dizaines de touristes).

Tarifs : Upper 48$ / Lower 28$ (nous n’avons vu que le Lower).

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Glenn Canyon

Nous avons traversé Glenn Canyon en voiture sans savoir qu’il était célèbre ! Nous avons roulé 4h sans croiser un seul village… Par contre nous avons vu un Coyote ! Ca ressemble à un renard mais c’est gris et un peu plus grand !

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Zebra Canyon

Le Zebra Canyon se trouve près d’Escalante dans l’Utah. Ce sont les Mormons qui nous ont parlé de ce canyon qui n’est pas du tout touristique et donc par conséquent gratuit ! Il y a une heure de marche dans le désert pour y accéder. Certains passages sont tellement étroits qu’il faut grimper un peu pour passer ou bien rentrer le ventre à fond !!!!!

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Peek a boo Canyon

Ce magnifique Canyon nous a également été indiqué par les Mormons. Il y a un passage d’escalade que je n’ai pas réussi à passer, j’avais trop le vertige (il n’y évidemment pas d’équipement!) donc Romain a visité le fond du canyon tout seul !

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peek a boo

 

Bryce Canyon

Le Bryce Canyon est un parc national très réputé. Nous y avons croisé énormément de touristes et en particulier des français (ce n’est pas très loin de Las Vegas). Il a une particularité : l’érosion a créé une forêt de pics rocheux liée aux différences de densité des roches (il y a des roches (les pics) plus dures et donc moins érodées que d’autres roches plus sableuses aux alentours) =>

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Le Grand Canyon

Le Grand Canyon a donc été creusé par le fleuve Colorado, long de 2 333 km. Ce fleuve nait de la fonte des neiges dans les Rocheuses et se jette dans le golfe de Californie. Le « horse shoe bend » est un point de vue particulièrement magnifique sur le canyon en forme de fer à cheval.

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Fossiles & traces de dinosaures

Comme le plateau du Colorado était recouvert par la mer à l’époque des dinosaures, ils ont marché dans la boue et leurs traces se sont fossilisées. On a donc retrouvé de nombreuses empruntes de dinosaures sur le plateau du Colorado (ainsi que d’autres fossiles).

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Une rencontre inoubliable avec les Mormons

Jeudi 16 juin, nous cherchons un endroit où passer la nuit. Nous avions vu sur la carte que la ville d’Escalante (dans l’Utah) avait l’air mignonne, malheureusement pour nous tous les campings étaient complets…

On regarde donc la carte à nouveau : à 16 miles on voit un lac… Il n’y a pas de ville aux alentours mais s’il y a un lac il y a peut-être un camping… On tente notre chance et on va voir.

Après 40 minutes sur un chemin en terre, on arrive devant un superbe lac… On retrouve tout de suite l’ambiance de la montagne. Par chance il y a bien un petit camping (bon il n’y a pas de douche, comme bien souvent, uniquement des toilettes sèches, mais ça fera l’affaire pour deux nuits). On fait d’abord un petit tour du lac à pied pour profiter du paysage. On croise deux enfants ainsi qu’un groupe de femmes habillées avec de longues robes qui nous rappellent un peu l’époque de la colonisation. Elles sont très souriantes et quand elles nous voient elles nous font des signes pour nous saluer. On se demande si elles sont Mormones. Ca nous rappelle un reportage que l’on avait vu… Mais bon on se trompe peut-être.

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Puis on retourne au camping, on choisit un emplacement (le numéro 4, près de l’entrée et des toilettes, très stratégique!) et on se met à monter la tente ainsi qu’à sortir les affaires de la voiture (notamment les restes de nos gigantesques pizzas!) pour les mettre dans la « boite à ours » (c’est comme ça qu’on appelle les boites métalliques qui empêchent les ours d’atteindre notre nourriture).

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Et on se dirige à nouveau vers le lac : moi un livre à la main, Romain avec sa canne à pêche. On choisit de s’installer sur un petit ponton flottant. Rapidement, un groupe d’hommes vient sur « notre » ponton et l’un d’eux nous demande poliment s’ils peuvent se joindre à nous pour pêcher. On répond que oui. Puis très naturellement la dialogue s’installe. Ils nous posent des questions : d’où venez-vous ? comment avez-vous trouvé cet endroit ? qu’avez-vous vu aux Etats-Unis ? etc.

Il s’agit d’un groupe d’adolescents (entre 16 et 19 ans) qui semble encadré par un homme plus âgé d’une soixantaine d’années prénommé Rule. Certains jeunes pêchent du ponton, d’autres font du kayak sur le lac (car ils ont apporté leurs propres kaykas!).

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Puis on pose la question : « tout à l’heure on a vu un groupe de femmes habillées avec des longues robes un peu à l’ancienne, est-ce qu’elles sont Mormones ? Est-ce que vous savez s’il y a des Mormons dans la région ? »

Rule, fait un geste avec la main pour englober tout son groupe et nous répond : « nous le sommes tous ! »

La discussion se poursuit très simplement, on rigole on se questionne, le reste du groupe (deux hommes plus âgés Bishop et Glen) nous rejoint… Puis le soleil se couche alors le groupe décide de s’en aller.

« Si vous souhaitez passer la soirée avec nous, vous êtes les bienvenus ! On a plein de nourriture, largement assez pour deux personnes supplémentaires ! »

On les remercie en précisant qu’on est un peu fatigués et qu’on va surement se coucher tôt; mais que l’on passerait volontiers la soirée avec eux le lendemain.

Au passage Romain demande s’il peut se permettre de leur emprunter un kayak tôt le lendemain matin pour aller pêcher. Rule lui répond oui avec plaisir.

Le lendemain matin Romain se lève très tôt (moi je poursuis ma nuit dans la chaleur des premiers rayons de soleil) pour aller pêcher. Il attrape deux poissons que nous mangeons au barbecue le midi même avec une boite de haricots.

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L’après-midi passe (pêche, balade, lecture) puis nous recroisons nos amis Mormons qui rentrent d’une longue randonnée :

« – Alors vous venez manger ce soir ?

– On a encore deux poissons à manger donc on va les faire, mais on vous rejoint juste après le diner !

– Ok ! Venez pour le dessert ! On a les emplacements 18 et 19 ! »

Je me demande si c’est une façon de parler ou s’il y aura vraiment un dessert…

 

Après avoir mangé nos truites (qui ressemblaient plus à des petits saumons avec une chair bien rose), nous éteignons notre feu et nous nous dirigeons vers l’emplacement 18… Nous sommes un peu stressés bizarrement : Est-ce qu’on va savoir quoi dire ? Est-ce qu’il y aura des blancs ? Est-ce qu’on ne va pas donner l’impression de s’incruster dans leur groupe ?

 

Lorsqu’on arrive à leur campement, il n’y a que Rule Bishop Glen et un ado. Tous les autres sont partis faire une rando mais ils ne devraient pas tarder à revenir. Ils nous proposent de nous asseoir près du feu. Rule va me chercher une couverture chaude pour que je m’enroule dedans ! On reprend nos discussions très simplement, on parle de tout ! Très peu de religion (sauf quand on leur pose la question et qu’on leur demande qui sont les Mormons exactement). Les ados reviennent et prennent place autour du feu.

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On parle d’éducation, du système de santé américain (on raconte l’anecdote du mec qui avait fait un malaise en haut du Half Dome à Yosemite et qui avait du débourser 30 000 $ pour se faire redescendre en hélicoptère ! On dit que chez nous en France, tout le monde peut se faire rapatrier gratuitement en hélicoptère et qu’on est couverts pour une cinquantaine d’euros par mois… Ils sont choqués et l’un des ados nous raconte qu’une fois il s’est cassé le fémur à la montagne et qu’il avait du appeler une ambulance et que ça coutait 100 $ / mile…) on parle des armes (ils nous expliquent que ça fait polémique aux Etats-Unis aussi), on parle de Donald Trump, on parle de sport, puis de voyages, de nos familles…

Bishop nous annonce que le dessert est prêt ! Il nous sert un délicieux crumble aux pommes dans des assiettes en carton. Puis on ouvre un paquet de chamallows et on les embroche sur des pics pour les faire fondre au barbecue.

On passe une excellente soirée. On ne ressent aucun jugement de leur part ni même de persuasion ou de matraquage… Bien au contraire.

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Puis au moment de les quitter, on est tous un peu émus… Nous car cela faisait longtemps qu’on n’avait pas eu un vrai échange comme celui là avec des gens… Eux sont heureux qu’on se soit intéressés à eux et à leur culture. Ils nous offrent des fruits (ils disent qu’ils ne les mangeront pas) et un cadeau (des bâtons lumineux aux couleurs de la France!) puis ils nous offrent leur livre des Mormons en nous disant que si un jour ça nous intéresse d’en savoir plus tout sera écrit dedans ! On échange nos adresses mail et on les quitte en reprenant le chemin vers notre emplacement…

 

Cette rencontre nous a particulièrement touchés, elle a remis en question les opinions stéréotypées que l’on avait sur les Mormons, elle nous a permis d’en savoir plus sur la culture américaine et surtout on s’est sentis presque en famille le temps d’une soirée, à discuter de tout et à se faire chouchouter, et ça, ça nous a vraiment fait du bien…

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Alors qui sont les Mormons ?

Les Mormons sont des chrétiens, ils croient en Jésus et la Bible, mais ils ont certaines règles qui leur sont propres (pas d’alcool, pas de cigarettes, pas de café) pour suivre une bonne hygiène de vie. Ils ont bâti la ville de Salt Lake City où se trouve actuellement une majorité de Mormons. 70% des habitants de l’Utah sont Mormons. A l’âge de 19 ans, ils sont envoyés deux années dans un pays qu’ils ne choisissent pas pour une « mission » (parler de leur religion à ceux qui ne la connaissent pas). Thomas Manson est le prophète vivant des Mormons.

Origine de leur religion

A l’âge de 14 ans Joseph Smith se promenait dans les bois lorsque Dieu et Jésus lui sont apparus. Le christ aurait demandé à Joseph Smith d’écrire un nouvel évangile : il est alors devenu le nouveau prophète et a rédigé le livre de Mormon (l’histoire ne se passerait plus en Palestine mais en Amérique et le nouveau peuple élu serait les Américains).

 

Etats-Unis

Flagstaff – Arizona

Flagstaff : volcans & ruines indiennes

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Volcans

Le « Sunset Crater » est un volcan de 950 ans qui culmine à 2 447m sur le plateau du Colorado. La dernière éruption a eu lieu en 1 120. Malheureusement il est interdit de gravir ce volcan. A la place, l’office du tourisme propose une marche qui conduit au sommet du volcan Lenox, plus petit mais qui offre une vue sur tous les autres volcans.

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Un champ de lave

 

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Ruines indiennes

Le parc de Wupatki est un site archéologique qui regroupe des ruines indiennes. Malgré le climat aride de la région, les Indiens se sont installés là entre 1100 et 1200 pour profiter des cendres volcaniques (idéales pour l’agriculture) et de la source d’eau. Ce lieu était également stratégique pour le commerce. Mais la communauté s’est élargie avec le temps puisqu’elle acceptait les immigrés, et les Indiens ont du quitter leurs terres car ils manquaient d’eau…

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ruines

Etats-Unis

Havasupai

Havasupai : le peuple des eaux turquoises…

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Le village Indien

Havasupai est le nom d’une tribu Indienne et signifie « peuple des eaux turquoises ». Le nom de leur village est Supai et il se situe dans le fond d’un Canyon en Arizona. C’est l’un des endroits les plus isolés des Etats-Unis.

Le village possède une école, une clinique, un supermarché et même un espace wifi !

Lorsque le Grand Canyon a reçu le statut de « Parc National » en 1919, on a demandé aux Indiens de quitter leurs terres, ce qu’ils ont bien sur refusé. Ils se sont battus pendant des années pour préserver leur réserve. Dans les années 1960, ils se sont également battus pour que les terres qui leur avaient été prises injustement en 1882 leur reviennent…

Aujourd’hui les Indiens ont su tirer profit du tourisme en exploitant la beauté de leurs terres, et la plupart d’entre eux travaillent dans ce domaine (tours organisés, balades à cheval, cafés, office du tourisme etc…). Malheureusement on ressent un clivage très prononcé entre les Indiens et les « blancs » qu’ils semblent toujours considérer comme leurs ennemis…

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Une longue marche

Pour atteindre le village Indien Supaï, il faut marcher 11 kilomètres dans le canyon. Il n’y pas de route ni de voiture mais il y a 3 options : la marche, le cheval ou l’hélicoptère ! Nous avons choisi la première option beaucoup plus économique. L’aller est une marche facile qui ne fait que descendre. Sur les 11 kilomètres il y a au moins 8 kilomètres de plat, donc c’est un peu long (nous avons mis 3h, d’autres ont mis 4h) mais faisable.

Le retour est un peu plus long puisqu’il faut remonter.

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Flash Floods = Inondations soudaines

Attention à la météo : il peut y avoir des inondations soudaines qui transforment le fond du Canyon en rivière… Ce qui peut s’avérer très dangereux. Il faut se mettre en sécurité en hauteur.

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Little Navajo Falls

Quand on approche du village, on commence à entendre le ruissellement de l’eau de la rivière. Elle est si claire que l’on voit tout à travers. Dans le village, les premières chutes que l’on croise sont les « Little Navajo Falls ». Ce sont les minéraux et le calcaire qui donnent à l’eau cette belle couleur turquoise.

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Havasu Falls

5 kilomètres après l’entrée du village on atteint la cascade la plus connue : « Havasu Falls ». Elle fait 30 mètres de hauteur. On peut s’y baigner même si l’eau est très fraiche ! Une fois dedans on s’habitue.

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Mooney Falls

1 kilomètre après « Havasu Falls » on tombe sur « Mooney Falls » ! Elles se ressemblent comme deux gouttes d’eau sauf que la deuxième est plus haute : 60 mètres de hauteur. On arrive par le haut. Pour descendre au pied de la cascade il faut passer par un petit chemin creusé dans la roche, on a l’impression d’être dans une grotte !

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conseils

Logements & Nourriture

Le camping

  • Il faut absolument avoir une réservation avant d’arriver.
  • Téléphone : (928) 448 2121
  • Mail : httourism0@havasupai-nsn.gov
  • Il y a des toilettes sèches mais pas de douches.
  • Il y a une source d’eau potable.

Le lodge

Il y a des boissons et des stands de nourriture (Indian Tacos, burritos, Burgers) au village ainsi qu’un petit magasin.

 

Comment y accéder ?

Avant d’entamer la marche pour atteindre le village, vous allez devoir rouler (surement des centaines de kilomètres car il n’y a pas grand chose autour) puis vous garer non loin du sentier pour y passer une nuit. La majorité des randonneurs choisissent de commencer la marche très tôt le matin pour éviter la chaleur de la journée.

Option 1 : dormir dans un hôtel. Les 4 villes les plus proches d’Havasupai sont :

  • Peach Springs
  • Kingman
  • Williams
  • Seligman

Option 2 : dormir dans la voiture sur le parking Hilltop au pied du sentier.

 

Ce qu’il faut savoir avant de partir

No day hiking = Interdit de vous rendre au village pour voir les cascades puis de repartir dans la même journée. Amende = 90$/personne.

Interdit d’arriver au village sans réservation (camping ou lodge). Amende = 90$/personne.

Numéro de téléphone du Camping pour les réservations : (928) 448 2141.

Permis pour entrer dans la réserve (même avec une réservation) = 35$/personne.

Vous allez surement voir ce panneau « Flash Flood« , cela signifie « Inondations soudaines ». Faîtes très attention et regardez la météo avant de partir car s’il se met à pleuvoir le canyon peut se remplir d’eau en quelques heures… Nous nous sommes retrouvés dans cette mauvaise situation et avons eu très peur (voir l’article « Une journée en enfer au paradis des Indiens »).

 

A emporter

  • 2 litres d’eau/personne
  • quelques barres de céréales
  • 1 lampe frontale au cas où
  • (tente duvet etc si vous campez)
  • 1 carte d’identité & 1 numéro de réservation (un bracelet est remis à chaque campeur pour vérifier que personne ne fait de camping sauvage dans la réserve…)

 

Moyens de locomotion

Il n’y a évidemment aucune voiture dans la réserve. Les Indiens se déplacent & s’approvisionnent à cheval. Les touristes qui ont une réservation ont la possibilité de remonter le Canyon à cheval. Il y a également la possibilité de venir et de repartir en hélicoptère pour 85$/personne. Réservation =>  Airwest Helicopters : 623 516 2790.

Etats-Unis

Une journée en enfer au paradis des Indiens…

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Ceci est une histoire vraie qui nous est arrivée. Elle est ponctuée de commentaires et de ressentis personnels. Je vous conseille donc de la lire comme on lit un roman. Et si un jour vous avez la chance de passer par Supai (Havasu Falls), faîtes-vous votre propre opinion sur les Indiens !

 

Vendredi : première approche avec les   Indiens

Tout a commencé le vendredi.

On quitte Vegas dans la matinée et on roule en direction de notre prochaine étape, SUPAI. On roule, et sur la route on voit une pancarte qui indique « skywalk to Grand Canyon ». On avait vu tout un reportage sur le Skywalk qui est un pont en verre au-dessus du Grand Canyon sur laquelle on peut marcher (et donc en dessous de nous il y a le vide du Canyon !). Il y a 50 miles de détour (aller) mais on décide d’y aller quand même. Arrivés sur place, on se rend compte que c’est évidemment très touristique et surtout que c’est géré par les Indiens. La conséquence c’est que tu dois payer 80$ CHACUN pour marcher sur la plateforme (30$ pour l’attraction et 50$ pour les Indiens). On est un peu choqués par le tarif alors on demande s’il n’y a pas un moyen de payer moins cher pour aller voir le skywalk et l’Indienne ne nous regarde même pas, elle répond sèchement « tout le monde paye ce prix-là ! » puis elle passe à un autre client sans même nous laisser la possibilité d’acheter des tickets ! On est dégoutés par ce comportement dédaigneux et par le prix qui est largement au-dessus de nos moyens donc on s’en va. Sur le chemin du retour (50 miles pour récupérer la route principale) on râle et on est déçus.

skywalk

 

Vendredi soir : une nuit sur le parking

On poursuit donc notre route pour atteindre SUPAI.

En fait, pour aller à SUPAI (qui est une réserve indienne), on doit se garer au parking « Hilltop » , puis faire une marche de 10km dans le canyon. Notre plan c’est donc de se garer au parking, passer la nuit dans la voiture, puis entamer la marche le lendemain matin au lever du jour.

La nuit commence à tomber… Sur la route on voit des dizaines d’animaux : énormément de cerfs (ils sont gros & majestueux), beaucoup de vaches et de lapins… On roule doucement, très doucement même pour ne pas taper un animal. Et là dans les phares de la voiture : INCROYABLE => on voit un puma !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! A cet instant on est trop heureux !!! Il est grand et beau (environ 70cm au garrot pour un bon mètre 50 de longueur), il s’arrête et nous regarde pendant plusieurs secondes, puis il tourne la tête et poursuit son chemin ! Il a exactement la même attitude la même démarche et le même comportement qu’un chat (genre « c’est moi le patron… » !). Il est magnifique !!!! On est vraiment heureux d’avoir eu la chance de voir cet animal en pleine nature.

Bref on roule encore au moins 1h avant d’atteindre le parking. A notre grande surprise il y a bien une centaine de voitures garées là. Certaines personnes ont prévu de dormir dans la voiture comme nous avant d’entamer la marche (surement ceux qui viennent de loin) et les autres sont probablement déjà au village indien. On se gare on fait pipi etc puis on incline les sièges de la voiture pour dormir. Je déteste dormir dans la voiture : il fait froid, ça fait peur, il y a des bruits dehors… Je me réveille tout le temps bref ce n’est vraiment pas une nuit réparatrice pour moi.

parking

 

Samedi : 5h30 début de la marche

Je me réveille définitivement à 4h30. Je me rends compte soudainement (comme un flash) que nous n’avons pas acheté d’eau avant de partir… Nous n’avons que 2 bières 2 perriers et une bouteille de vin blanc ! … Je réveille Romain et lui fais part de mon illumination. Il se lève et comme deux femmes se préparent pour entamer la marche il leur demande une bouteille d’eau… Quelle honte de commencer une rando sans eau… Les femmes lui donnent 2 petites bouteilles d’eau alors il leur donne 2$ en échange. Elles refusent mais il insiste c’est la moindre des choses.

On prépare donc nos sacs : barres de céréales, pulls, 2 duvets, 1 tente, des vêtements pour le lendemain au village, la trousse de toilette, nos maillots de bain. Et puis les bouteilles de perrier, les bières et l’eau. Nous nous retrouvons chargé d’un gros sac chacun (5 kilos pour moi et environ 11 pour Romain). Une grosse Indienne (tous les Indiens que l’on a vus étaient ENORMES, je le précise car je trouve ça étonnant !) qui gère probablement la réserve passe près de nous et nous dit froidement :

  • l’alcool c’est interdit dans la réserve… 1000$ d’amende si vous descendez avec ça…

 

Puis elle s’en va. On est plutôt contents de le savoir car 1000$ d’amende c’est beaucoup quand même ! Puis on se fait la réflexion qu’elle était aussi peu aimable (pas un bonjour ni un sourire…) que la première Indienne qu’on avait vue au « skywalk »… Mais on se dit qu’il ne faut pas avoir de préjugés, ils ne sont surement pas tous comme ça, on va descendre dans le village et on va surement croiser plein d’indiens hyper gentils.

On commence à descendre sur un sentier depuis le parking qui se termine en bas du Canyon, il y a environ 500m de dénivelé. Il est 5h30, c’est parti pour une marche de 11km jusqu’au village des Indiens !

debut

 

Une petite inquiétude concernant les réservations…

On a environ 3h de marche, il n’y a que du plat ou de la descente dans ce sens donc c’est une marche un peu longue mais facile. On croise plein de marcheurs. En discutant un peu avec eux on commence à s’inquiéter : ils nous demandent tous où on a prévu de dormir, on répond qu’on a prévu d’aller au camping du village, ils nous disent tous que sans réservation (même pour le camping) on ne nous laissera probablement pas dormir là-bas… Ca me stresse un peu mais bon on verra bien, maintenant qu’on est là !

Arrivés en bas du Canyon il n’y a plus vraiment de chemin : soit on va à droite soit on va à gauche. Heureusement il y a d’autres randonneurs donc on n’a plus qu’à les suivre. Tous sont partis très tôt ce matin pour éviter la chaleur de la journée. Nous on est partis très tôt car on a mal dormi !

On a environ 3h de marche, il n’y a que du plat ou de la descente dans ce sens donc c’est une marche un peu longue mais facile. On croise plein de marcheurs. En discutant un peu avec eux on commence à s’inquiéter : ils nous demandent tous où on a prévu de dormir, on répond qu’on a prévu d’aller au camping du village, ils nous disent tous que sans réservation (même pour le camping) on ne nous laissera probablement pas dormir là-bas… Ca me stresse un peu mais bon on verra bien, maintenant qu’on est là !

en bas

 

Un accueil glacial…

On atteint le village Indien après 3h de marche dans un Canyon magnifique aux couleurs rougeoyantes. On arrive à l’office. Encore une fois une grosse Indienne est plantée derrière le bureau, je m’approche avec un grand sourire et lui demande s’il est possible d’obtenir une place dans le camping, sachant qu’on n’a malheureusement pas réservé à l’avance. Pas un sourire, pas de bonjour, elle me répond assez méchamment :

  • impossible on est complets il n’y a plus de place nulle part.

 

On se regarde avec Romain, on sourit nerveusement. Puis Romain tourne la tête et lui dit :

  • il n’y a vraiment pas la possibilité de mettre une petite tente quelque part on vient de faire 3h de marche, on n’est que deux…
  • NON. Je vous l’ai dit on est complets. La seule chose que je peux vous proposer si vous voulez entrer dans le village et aller voir les cascades c’est de payer 90$ (chacun bien sûr) mais vous ne passerez pas la nuit ici…

 

J’ai envie de pleurer… Après avoir roulé des heures, dormi dans la voiture sur un parking et fait 3h de marche dans le canyon, ça se terminait comme ça…

Romain commence à bouillonner, il me dit en français « c’est trop abusé ! ils se foutent de la gueule du monde… ils veulent nous faire payer plus cher que si on passait la nuit ici alors qu’on doit se casser et refaire la marche dans l’autre sens pour retourner à la voiture ce soir… »

Puis il lui dit en anglais :

  • pourquoi est-ce que c’est si cher ? plus cher que si on passait une nuit ici ? 
  • c’est le prix c’est comme ça. Tout le monde paye.

 

Un couple avec une petite fille entre dans l’office. Ils disent qu’ils veulent aller voir un ami dans le village mais qu’ils ne resteront pas la nuit. L’Indienne leur dit « oui pas de problème allez y ! ».

On lui demande donc :

  • pourquoi est-ce qu’ils n’ont rien payé eux ?

 

Elle répond sans complexe :

  • parce qu’ils connaissent quelqu’un dans le village alors c’est gratuit. C’est gratuit aussi pour les « natives ».

 

On est encore plus dégoutés par ces règles discriminantes, mais on regrette déjà de ne pas avoir fait le « skywalk » alors on ne veut pas encore passer à côté de quelque chose de magnifique. Romain pose 200$ sur la table et ne peut pas s’empêcher de dire avec un air blasé « c’est vraiment très très cher… ». L’indienne nous jette un regard noir et dit :

  • soit vous payez le prix, soit je vous fais jeter hors du village tout de suite. Ici ce n’est pas une zone touristique c’est une réserve indienne, on ne doit rien à personne et on n’est obligés d’accueillir personne, donc je pourrais vous faire dégager de là en moins de deux…

 

Je suis choquée !!!!

On lui dit que l’argent est déjà posé sur la table, je demande à Romain de ne pas faire de scandale car on ne sait pas jusqu’où elle serait capable d’aller et tout ce qu’on veut c’est voir cette magnifique cascade.

Elle prend l’argent et nous ordonne de laisser nos sacs ici… (Ben oui, pour être sûre qu’on ne puisse pas planter notre tente sur son territoire…)

Elle nous donne 2 tickets sur lesquels il est écrit « 4 x 35 + taxes = 180$ » on se demande pourquoi on a 4 entrées, et on a l’impression qu’elle s’est vraiment foutu de notre gueule…

On marche 5km jusqu’aux fameuses cascades en ruminant et en râlant… On se dit qu’il faut qu’on essaie de profiter quand même car on est dans un endroit magnifique.

On passe devant 4 personnes qui font du camping un peu sauvage au bord de la rivière alors on leur demande s’ils ont réservé quelque chose pour être là. Ils nous disent que oui, mais qu’on peut se mettre un peu n’importe où que ça ne pose pas de problème. On les remercie puis on poursuit notre chemin en ruminant encore plus : si on peut se mettre n’importe où pourquoi nous a-t-elle dit qu’ils étaient complets ?

village

 

Des emplacements libres partout…

On passe devant le camping…. Il y a des emplacements libres PARTOUT……………… On a pris plein de photos…. Il y a au moins 100 places de libres………… On est choqués….

emplacements

 

Les cascades

Il y a deux cascades : Havasu Falls et Money Falls. Elles se ressemblent beaucoup. Mais il y a plus de monde à la première puisqu’elle est plus près du village. On arrive donc d’abord devant la cascade Havasu. Elle est magnifique, le bleu turquoise de l’eau ressort encore plus sur le rouge de la roche… C’est splendide. L’eau est très fraiche ! On n’y reste pas très longtemps. Pour atteindre Money Falls il y a un passage dans la roche, on a l’impression d’être dans une grotte !

cascades

 

Indian Tacos !!! (Ou le mexicain grassouillet !)

En remontant on voit un petit stand sur lequel il est écrit « Indian Tacos ». On a faim alors on décide de s’y arrêter. Je fais un grand sourire à l’Indienne qui tient le stand (je veux me persuader qu’ils ne sont pas tous haineux des blancs) et lui demande un tacos sans viande et un tacos à la viande. Elle me répond froidement :

  • pas de viande aujourd’hui ça sera deux sans viande.
  • Ok pas de problème !

 

Et je lui demande naïvement le prix avant même de regarder sur la pancarte. Elle me répond « 12$ ». Puis on voit sur la pancarte « Indian Tacos 10$ »… Romain me dit : déjà il n’y a pas de viande donc elle pourrait faire un discount et en plus elle essaie de nous voler 2$ de plus !

On lui fait remarquer gentiment qu’il est écrit 10$ sur la pancarte en lui tendant un billet de 20$ pour les 2 tacos qu’elle prend sans même nous regarder. Puis sa fille nous dit « allez-vous asseoir on vous les apportera ». Il n’y a pas de table ni de chaise alors on trouve un tronc d’arbre. On regarde des chevaux (c’est leur seul moyen de déplacement) manger l’écorce des troncs d’arbres auxquels ils sont attachés. Ils n’ont pas l’air bien nourri. Ils ne sont même pas attachés près d’un endroit où il y a un peu à brouter… On remarque aussi des plaies sur leurs pattes, leurs dos et leurs gueules… Ca me dégoute.

On nous apporte les tacos alors on la remercie. En fait c’est un mexicain : haricots rouges salade tomate et fromage râpé dans une sorte de tortilla bien grasse. C’est bon.

indian tacos

 

La pluie commence à tomber…

Puis il se met à pleuvoir, une petite averse qui dure une quinzaine de minutes. Un groupe d’amis vient se réfugier sous le même abri que nous alors on commence à discuter et évidemment on raconte ce qu’il vient de nous arriver. Ils sont tous choqués et nous disent :

  • on vient là tous les ans c’est la première année que le camping est aussi vide… La réceptionniste a été méchante et elle a clairement menti pour les emplacements, mais vous savez les Indiens sont comme ça, ils n’aiment pas les blancs, ils sont souvent malpolis avec nous tous, ce n’est pas qu’avec vous… Ils en veulent aux blancs d’avoir volé toutes leurs terres alors ils nous le font payer aujourd’hui.

 

Je me demande comment on peut encore avoir ce genre de mentalité au 21e siècle … Ca me dépasse… Comme si on décidait d’être méchants avec tous les allemands pour leur faire payer ce qu’il s’était passé pendant la seconde guerre mondiale… Bref.

La pluie se calme. On décide de quitter le village pour retourner à la voiture… On hésite un instant à faire du camping sauvage à l’extérieur du village mais finalement on se dit qu’on n’aura rien à manger et qu’on aurait bien besoin d’une bonne douche.

 

13h : on quitte le village indien

On récupère nos sacs. Je ne regarde pas l’indienne je ne lui dis ni merci ni au revoir. On sort de son bureau et on se retrouve face à un groupe d’amis qui s’apprêtent à entrer dans le village pour voir la cascade. Ils sont choqués par le prix du ticket. Ils n’ont rien réservé eux non plus alors on leur a dit la même chose qu’à nous… On leur propose de leur vendre nos tickets pour 50$ (on en a 4 et ils sont 4 ça tombe bien!). Ils acceptent avec plaisir et le mec nous laisse finalement 60$. On quitte enfin le village, heureux d’avoir récupéré un peu d’argent !!! On se dit que ça nous payera l’hôtel ce soir !

Plus on s’éloigne du village indien plus on est contents et soulagés de partir car l’ambiance était pesante. Mais la pluie recommence à tomber. Alors on fait une pause sous un renfoncement dans la roche. On est abrités.

abri

 

Le début du calvaire…

Je n’aime pas entendre le tonnerre gronder. Je demande à Romain si on risque quelque chose dans le Canyon avec les éclairs. Il me répond que non, que l’éclair cherche toujours à pénétrer dans la terre le plus vite possible donc vu qu’on est dans le bas, il tapera forcément plus haut que nous. Par contre il me parle d’un panneau qu’il a vu plusieurs fois « CAUTION FLASH FLOOD » ce qui signifie en français « attention aux inondations soudaines ». Je lui dis :

  • On est dans le désert il ne peut pas y avoir d’inondation !

 

Il me répond :

  • Sauf si la pluie tombe fort ! On est dans le canyon ou se déversent toutes les eaux de pluies des vallées en amonts. Mais effectivement ça ne doit pas arriver souvent et il faudrait une grosse pluie pour que ça devienne un problème pour nous !

 

Un couple passe, il se dirige vite en direction du village indien. On les salue, la femme nous dit sans s’arrêter :

  • si l’eau monte mettez-vous à l’abri en hauteur surtout…

 

Je dis à Romain qu’on devrait peut-être poursuivre notre route car la pluie ne va peut-être pas s’arrêter…

Donc on se met à marcher sous la pluie… Un tout petit ruisseau commence à se former dans le Canyon à cause de la pluie. Je m’inquiète… Romain me rassure en me disant qu’on ne risque rien, avant que le minuscule ruisseau qu’on voit ne se transforme en torrent on aura largement le temps de se mettre à l’abri en hauteur… Je pense « Oui mais même si on arrive à se mettre à l’abri je n’ai aucune envie de passer la nuit ici…. »

On marche.

La pluie est de plus en plus forte. La rivière grossit… Il y a encore un espace « roche » sur lequel on peut marcher. Mais quand il y a un virage on se retrouve obligés de traverser la rivière de plus en plus puissante… On la traverse deux fois. Mais la deuxième fois elle est si forte que je manque de tomber et de me faire emporter. Heureusement on se tient fort la main et on pousse sur nos cuisses pour rester penchés en avant. Les sacs sont lourds avec la tente, les affaires les duvets… On doit retirer les cailloux de nos chaussures à trois reprises.

casca

avant apres

 

Il faut quitter le canyon…

Des cascades se forment tout le long du canyon et alimentent la rivière qui devient de plus en plus puissante…

Il y a encore un virage… Mais on ne peut plus prendre le risque de traverser à nouveau la rivière… Romain me dit ce que je redoute le plus « Il faut qu’on monte »… J’ai le vertige et nous n’avons aucune protection… Je n’ai aucune envie d’escalader mais il a raison nous ne pouvons pas rester là à attendre que la rivière nous emporte. Des centaines de blocs « posés » les uns sur les autres forment la paroi du Canyon. La pluie rend la roche glissante.

  • On n’a pas le choix : soit on monte pour sortir du canyon et le longer pour regagner le chemin qui mène au parking soit on monte juste un peu pour monter la tente à l’abri du torrent.

 

On choisit la première option en longeant le coté accessible pour repérer la voie la plus facile et la moins dangereuse à escalader (on trouve un passage en pente avec des petits paliers d’environ 1 à 2 mètres à escalader) … On commence donc à gravir le Canyon… On essaie d’être prudents mais je prends conscience qu’un accident pourrait arriver à n’importe quel moment… La peur commence à m’envahir. Arrivés en haut, je dois me mettre debout sur un espace plat et large de 1,50m et sauter une crevasse pour atteindre le sommet stable. La crevasse fait moins d’un mètre de long (et environ 3m de profondeur) mais je panique, je ne parviens pas à me redresser pour me mettre debout… Il y a du vent, et je suis entourée par le vide… Derrière, sur les cotés, devant… Romain fait tout pour m’aider, il essaie de me calmer, il me tient la main, il me dit d’essayer d’imaginer qu’il n’y a pas de crevasse et que je n’ai qu’à faire un pas pour accéder au sol plat, il revient même sur le même rocher que moi alors qu’il n’y a pas beaucoup de place afin de m’aider à franchir l’obstacle avec lui. Sachant qu’on perd du temps et que de toute façon je ne peux pas faire marche arrière, je me mets finalement debout en m’agrippant à Romain et je franchis la crevasse en lui tenant fort la main.

On se prend dans les bras, il me dit que j’ai été courageuse et qu’on sera en sécurité maintenant…

escalade

 

Un canyon qui semble interminable…

On marche quelques mètres mais on se rend malheureusement compte qu’on n’est pas encore au sommet… Il faut continuer l’escalade et la pluie ne se calme pas.

On atteint finalement le sommet du premier palier… Le Canyon est trop haut pour qu’on puisse atteindre le vrai sommet, et les falaises ne laissent plus aucune chance à la grimpette, du coup on longe la roche sur ce palier…

On est quand même arrivés sur une certaine hauteur, mais on s’aperçoit que le chemin va être long et difficile puisqu’il y a des dizaines de ravines… En gros ce sont des petites vallées formées par le ruissellement des pluies… On doit donc descendre et remonter en permanence… Ca rajoute une difficulté supplémentaire… Il n’y a évidemment pas de chemin, la pluie ramollit le sol et transforme la terre en boue dans les ravines, on s’enfonce dedans jusqu’au mollet… Les roches sont glissantes et parfois elles se cassent donc on glisse. Les pents des ravines nous rajoutent une dizaine de kilomètres en plus sur notre parcours initial… A chaque fois que l’on franchit une ravine, nous avons peur de nous retrouver face à une ravine infranchissable, trop verticale). Malgré la hauteur, on ne visualise pas encore notre objectif au loin…

Moi je panique intérieurement, mais je ne veux surtout pas m’arrêter de marcher, j’ai trop peur de passer la nuit ici… Et puis de toute façon il faudra qu’on se sorte de là tous seuls personne ne viendra nous chercher alors on doit continuer. Romain m’a dit après coup qu’il avait eu peur qu’on se retrouve coincés par la nuit… Mais sur le moment il ne dit rien, au contraire il reste très positif, il me demande si tout va bien, il me donne des conseils, il me dit qu’il est certain qu’on atteindra bientôt sur le vrai chemin ce qui me donne de l’espoir et une force incroyable pour continuer à avancer…

On marche pendant des heures. On est trempés. Les sacs nous tirent les épaules et le dos, la boue nous donne l’impression de peser une tonne… 

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La ravine de l’espoir

Puis enfin on reconnaît la forme d’une roche, Romain est persuadé que le chemin se trouve juste là derrière. Plus qu’une dernière ravine (la plus longue et profonde qu’on ait croisée) à franchir et on atteindra enfin le vrai chemin…

On marche pleins d’espoir.

Ca y est on voit le chemin, il est juste là !!!!! On est tellement heureux !!!! On considère que le cauchemar est derrière nous. En plus la pluie s’arrête… On est sur un vrai chemin maintenant donc on ne risque plus rien… La voiture ne se trouve plus qu’à quelques kilomètres !!!! Il n’y a environ plus que 300 mètres de dénivelé à monter. On ressent une sorte de soulagement tellement fort qu’on n’a même plus mal aux jambes et qu’on pense déjà au repas du soir !! On atteint le parking 30 minutes plus tard juste avant que la pluie ne recommence à tomber !

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La délivrance !

On arrive enfin à la voiture, il y a une dizaine de personnes sur le parking qui admirent le canyon… Je me dis qu’ils n’ont surement aucune idée de la galère que c’est en bas du canyon…

On regarde l’heure : 19h… On a donc marché 3h30 sous la pluie dans la boue…

Une fois dans la voiture je me mets nue, j’enlève mes chaussures et je me rends compte que mes pieds sont dans un sale état !!!!

Romain lui a extrêmement mal à la cheville gauche.

On attrape le paquet de bonbons qui se trouve dans la boite à gants ! Romain enfourne les bonbons dans sa bouche avec jouissance !

On fantasme sur un bon repas que l’on prendrait devant un film sur le PC dans un hôtel quelconque !

fin

 

L’hôtel

Je n’ai pas le courage de passer cette nuit-là dans la voiture après ce que l’on vient de vivre… En plus je suis couverte de boue.

Malheureusement pour nous, on doit rouler 3h avant de trouver un hôtel ouvert… On finit par en trouver un à 80$ vers 22h… C’est beaucoup trop cher mais on est épuisés il faut qu’on s’arrête.

On trouve des chips… Ca sera notre repas du soir. Je n’ai même pas la force de prendre une vraie douche, je rince simplement mes pieds abimés. Puis on se couche et on s’endort dans la seconde !

motel

 

Dimanche matin

Aujourd’hui on se réveille à 10h30… On doit se dépêcher de reprendre nos affaires pour quitter la chambre avant 11h. En se levant on se rend compte qu’on est complètement courbaturés, et que l’on boite tous les deux. Je n’arrive plus à m’appuyer sur mon pied gauche.

On reprend la route pour trouver un hôtel moins cher où l’on fera une vraie pause de deux nuits…

En repensant au camping on s’est rendu compte que finalement on avait mieux fait de quitter le village des indiens qui devait être sous les eaux… Le chemin aller ne faisait que descendre donc la rivière avait dû prendre beaucoup de masse et de vitesse avant d’arriver au niveau du village… Il y a surement eu de gros dégâts là-bas…

Bref, encore une expérience qu’on n’est pas prêts d’oublier mais dont je me serais bien passé !

fin histoire