Viet Nam

J’irai dormir chez les Hmongs !

Les Hmongs : simplicité, authenticité & gentillesse

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Qui sont les Hmongs ?

C’est l’une des principales minorités ethniques du pays (sur 54). Les Hmongs sont pauvres. Ils vivent de l’artisanat du commerce et de l’agriculture mais ils restent marginalisés par la société. Leurs conditions de vie sont précaires : toits de taule, murs faits de planches de bois, sol en terre (ou en béton pour les mieux lotis)…

Cependant, la famille que nous avons eu la chance de rencontrer dégageait beaucoup de joie de vivre.  Ils ne parlent pas Vietnamien (ils ont leur propre dialecte) et ne se considèrent pas comme des « Vietnamiens »…

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Où vivent-ils ?

Dans la chaîne de montagnes Hoang Lien Son au nord du Vietnam située à l’extrême est de l’Himalaya. 90% de la population Hmong du Vietnam y vit.

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Quelle est leur religion ?

C’est au moment du diner, lorsque nous étions tous assis autour de la table et que les parents ont demandé au fils de faire la prière que nous avons découvert qu’ils étaient chrétiens ! Lors de la colonisation française, des missionnaires chrétiens ont été envoyés dans tout le pays pour convertir les populations…

 

Notre expérience

A Sapa, il est très commun de croiser des femmes Hmongs (ou autres) qui proposent aux touristes de venir chez elles pour passer une journée et une soirée avec elles et leurs familles en échange d’un petit billet.

Lorsque « Mama Mu » est venue vers nous à notre arrivée nous étions d’abord un peu méfiants… Mais les barrières sont vite tombées. Elle dégageait beaucoup de douceur et de gentillesse. Nous étions épuisés par notre long voyage (et avions très peu dormi dans le bus à cause des nombreux arrêts) alors nous avons décidé de passer notre première nuit dans un hôtel à Sapa pour nous reposer. Mais nous avions donné RV à Mama Mu le lendemain à 10h.

 

Une longue marche de 5h pour atteindre le village

Le jour J, nous prenons un bon petit déjeuner (car nous savions qu’une longue marche nous attendait pour atteindre le village Hmong), et nous laissons notre gros sac à l’hôtel (nous ne prenons que le minimum). On retrouve Mama Mu à 10h devant l’hôtel, elle semble heureuse de voir que nous avons tenu notre parole, et nous entamons tous les 3 la longue marche jusqu’à son village.

On monte d’abord pendant 2 bonnes heures (on transpire encore et encore!!!). Nous ne croisons personne (à part quelques paysans) jusqu’à ce qu’on atteigne un petit refuge qui servait à manger aux touristes comme nous ! L’ambiance est bonne. Un petit coup de barre s’installe après le déjeuner mais on ne tarde pas, après 20-30min de pause, nous repartons avec Mama Mu. On marche 3h entre les rizières et les champs de maïs.

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Les rizières

Mai. C’est la période de la plantation du riz. Ce travail est très pénible car les rizières sont en terrasses… Les buffles labourent les parcelles remplies de boue afin de permettre aux paysans de commencer la plantation.

En général, une famille possède et s’occupe de sa propre parcelle et stocke son riz pour l’année. Mais il arrive que certains paysans travaillent sur d’autres parcelles de riz => une journée de travail est alors payée 6 euros… Sachant que c’est un travail très très difficile. Cependant, la communauté Hmong est très solidaire, si une famille manque de riz les autres lui en donneront (ils se renvoient régulièrement l’ascenseur). La récolte du riz se fait une fois par an au mois de juillet.

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Le village Hmong

Après 5h de marche dans la montagne, nous atteignons enfin le petit village de Mama Mu !

Nous passons la soirée (et la nuit) chez Mama Mu et sa famille. Ils sont très gentils, Mama Mu nous propose dès notre arrivée de prendre une douche. Les sanitaires se trouvent à l’extérieur de leur maison. La maison est une sorte de case : il n’y a qu’une grande pièce unique. Nous sommes surpris de découvrir qu’ils possèdent quand même un ordinateur et qu’ils ont même le wifi ! Nous ne devons pas être chez les plus pauvres du village… Nous communiquons peu avec la famille car ils parlent très peu anglais, et quand ils essayent de nous répondre on comprend rarement ce qu’ils nous disent. Mama Mu parle un peu mieux anglais :

R & L – Tu as toujours vécu ici ?

Mama Mu – Non, je suis née dans les montagnes. Quand je me suis mariée je suis venue habiter ici, dans le village de mon mari.

R & L – Tu aimes marcher dans la montagne ?

Mama Mu – Oui j’adore marcher dans la montagne. Mon mari lui n’aime pas ça ! Il s’occupe du riz.

R & L – Tu es heureuse avec ton mari ?

Mama Mu – (elle rit) Oui je suis très heureuse !

R & L – A quel âge t’es-tu mariée ?

Mama Mu – 17 ans.

R & L – Et tu étais amoureuse quand tu t’es mariée ?

Mama Mu – Non, la première année il n’y avait pas d’amour de mon coté… Mais au bout d’un an, lorsque j’ai eu notre premier enfant j’ai commencé à ressentir de l’amour pour lui. Aujourd’hui on est mariés depuis 20 ans, nous avons 4 enfants, c’est un bon mari !

R & L – Et lui il était amoureux ?

Mama Mu – Lui oui ! Il a eu un coup de foudre !

(elle déroule ses longs cheveux fins et noirs pour les brosser)

R & L – Tes cheveux sont très longs !! C’est une tradition de garder les cheveux longs pour les Hmongs ?

Mama Mu – Oui exactement, on a toutes les cheveux très longs et on les enroule autour de notre tête et on les accroche avec une broche.

R & L – On a vu que vous aviez un cochon dans un enclos ?

Mama Mu – Oui ! C’est pour Noel ! On le garde jusqu’en décembre puis on le mangera avec toute la famille !

R & L – Tout à l’heure tu nous as parlé du mariage de ta famille, elle a quel âge ?

Mama Mu – Elle a 15 ans ! Elle va se marier dans 2 mois !

R & L – Et elle aime son futur mari ?

Mama Mu – (elle rit) Non !!! Elle ne veut pas de lui ! Mais elle s’habituera !

R & L – Et du coup le cochon vous n’allez pas le manger pour le mariage ?

Mama Mu – Non ! Le mariage se fera dans le village de son mari, et c’est sa famille qui s’occupera du repas ! D’ailleurs le repas est prêt on va pouvoir passer à table !

 

Le lendemain, nous quittons Mama Mu et son mari après un petit déjeuner très copieux à base de riz, de haricots verts, d’œufs, de pain et de bananes. Elle nous offre une pochette et un sac qu’elle a fabriqués elle-même en guise de cadeau d’adieu et nous prend dans ses bras les larmes aux yeux. Nous n’avons pourtant partagé qu’une journée avec elle, mais elle nous explique qu’elle aime la présence des touristes, elle aime avoir du monde à la maison et rendre heureux les gens en leur faisant découvrir sa communauté. Elle nous dit également que si nous voulons revenir dans quelques années, avec notre bébé, la porte sera toujours grande ouverte. Nous ne l’oublierons pas.

 

Un petit aperçu de notre expérience chez les Hmongs =>

 

Cette soirée chez les Hmongs nous a profondément marqués. Ce que nous avons découvert remet en question de nombreuses idées préconçues que nous avons sur la vie de couple, la vie de famille et le bonheur en général. Nous avons choisi de nous unir et de passer notre vie ensemble, pourtant nous devons faire des concessions et travailler pour avancer dans la bonne direction… Certains couples se déchirent même pour une broutille au lieu de communiquer pour aller mieux… Eux ne se sont pas choisis, pourtant ils ont construit une famille pleine d’amour de respect et de joie de vivre, et ils avancent, ils font en sorte d’être heureux et de s’assurer que tous les membres de leur famille soient à l’abri de la misère… Nous courrons peut-être après un idéal (qui n’existe pas?) en pensant que l’herbe est plus verte ailleurs (Est-ce que c’est notre société qui nous fait croire ça?), alors qu’ils font avec ce que la vie leur donne… Et ils s’en contentent… A méditer…

6 réflexions au sujet de « J’irai dormir chez les Hmongs ! »

  1. Je viens de lire votre article (j’avais pris un peu de retard…). Vous avez vraiment vécu un moment extraordinaire, digne de Rendez-vous en terre inconnue. C’est une belle expérience!
    Quant à la conclusion, je ne peux qu’approuver. Je pense qu’on est réellement épanoui le jour où l’on comprend que l’herbe n’est pas plus verte ailleurs et que c’est nous qui construisons notre bonheur. Même si bien sur, ce n’est pas toujours évident…

    Aimé par 1 personne

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